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Emmanuel Macron s’installe à l’Elysée

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Le Palais de l’Elysée n’aura plus de secrets pour vous !

Le nouveau président de la République Emmanuel Macron vient de prendre possession de l’Elysée ce jour, au terme de la cérémonie de passation de pouvoir avec François Hollande. Emmanuel Macron a été officiellement investi dans ses fonctions sous les ors de la Salle des fêtes l’Elysée, devenant le 8ème président de la Ve République. Le plus jeune président de la République jamais élu en France, à 39 ans, a raccompagné François Hollande, son aîné de plus de 20 ans jusqu’à sa voiture, l’applaudissant avant qu’il ne quitte la cour d’honneur du palais présidentiel. Puis il est revenu vers le perron pour poser quelques instants au côté de son épouse Brigitte, radieuse et émue.

Situé au n°55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré dans le 8ème arrondissement de Paris, c’est un de ces bâtiments qu’il suffit de nommer, l’Elysée, pour qu’il soit le symbole à la fois du pouvoir politique, de l’histoire et de l’Etat, celui d’une fonction et de son administration, celle du président de la République, mais aussi le lieu de nombreux secrets, réels ou supposés. Ironique sans doute, dans la mesure où son étymologie grecque (« elusion ») désigne le séjour des hommes vertueux après leur mort. Inaccessible au commun des mortels, il n’empêche qu’il suscite la curiosité : c’est comment le palais de l’Elysée à l’intérieur ? Et comment ça fonctionne ?

Sur son compte Twitter, l’AFP (Agence France Presse) a publié une vidéo qui retrace l’histoire et l’agencement du « Château », ainsi que de nombreuses anecdotes.

Edifié et décoré entre 1718 et 1722 par l’architecte et jardinier du Roi Armand-Claude Mollet pour Louis-Henri de La Tour d’Auvergne, comte d’Évreux et de Tancarville, gouverneur du Poitou puis de l’Île-de-France, l’Hôtel d’Evreux fut aménagé selon les principes d’architecture en vogue à l’époque. Il comporte un vestibule d’entrée situé dans l’axe de la Cour d’Honneur et des Jardins, un corps de logis double en profondeur, et un Grand Appartement ou Appartement de Parade partagé en son milieu par un Grand Salon ouvert sur le jardin. le bâtiment comprenait aussi un corps central à trois degrés, et deux ailes en simple rez-de-chaussée : un Appartement des Bains à droite et un Petit Appartement (appartements privés) à gauche.

Le décor des salons de réception, bien que modifié au cours des siècles, a conservé l’essentiel de son aspect d’origine. Ainsi, les boiseries du Grand Salon (Salon des Ambassadeurs) sculptées par Michel Lange d’après Hardouin-Mansard, les décors de la Seconde Antichambre (Salon des Aides de Camp), de la Chambre de Parade (Salon Pompadour) et du Salon des Portraits sont encore, pour la plus grande partie, d’origine et les transformations ultérieures n’en ont pas altéré le caractère.

Parmi ses propriétaires célèbres, il y eut Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, qui à sa mort légua la résidence à Louis XV. Mis à la disposition des Ambassadeurs extraordinaires séjournant à Paris, l’hôtel fut destiné, par décision royale, à la présentation des tableaux des Ports de France commandés par Louis XV à Joseph Vernet pour « les personnes curieuses et les amateurs de beaux arts ». Transformé provisoirement en Garde-Meuble de la Couronne en 1768, jusqu’à l’achèvement des bâtiments de Gabriel sur la Place Louis XV, l’hôtel d’Evreux fut vendu en 1773 au financier Nicolas Beaujon, qui le légua à Louis XVI, qui le vendit en 1787 à sa cousine, la duchesse de Bourbon.

Déjà plusieurs fois transformé, le futur palais de l’Elysée connut différentes affectations durant la Révolution. Puis son nouveau Joaquim Murat, maréchal de France, prince d’Empire, confia la restauration des lieux et leur réaménagement à Barthélémy Vignon, futur auteur de la Madeleine, et Barthélémy Thibault. C’est à ces deux architectes que l’on doit la création du Grand Escalier, à gauche du Vestibule d’Honneur, et de la Galerie des Tableaux utilisée en salle de bal (actuel Salon Murat), par la réunion de la salle-à-manger Beaujon et de la chapelle voisine. Une Salle des Banquets fut également installée dans l’aile ouest. Nommé roi de Naples en 1808, Murat céda à l’Empereur l’ensemble de ses propriétés en France dont l’Elysée, qui prit le nom d’Elysée-Napoléon.

L’Empereur y résida du 1er mars 1809 jusqu’à son départ pour la campagne d’Autriche. Après avoir cédé cette demeure à Joséphine lors de son divorce, Napoléon reprit possession de l’Elysée en 1812, qui fut le témoin des dernières heures de l’Empire. Il a signé son abdication dans le boudoir d’Argent. L’Elysée devint par la suite la demeure du tsar Alexandre durant l’occupation de Paris par les Alliés puis fut mis à la disposition du duc de Wellington en novembre 1815. Entre 1820 et 1848, l’Elysée fut la résidence des hôtes étrangers de la France en visite à Paris. Puis, pendant le gouvernement provisoire de la IIème République, le Palais prendra le nom d' »Elysée National », et les jardins seront ouverts au public. Le 12 décembre 1848, l’Assemblée nationale assignait par décret l' »Elysée National » comme Résidence du Président de la République.

Fermé du 13 juin 1940 jusqu’en 1946, le Palais retrouvera sa fonction présidentielle avec Vincent Auriol. La Vème République conservera l’Elysée comme palais présidentiel. La distribution des pièces en sera profondément modifiée pour répondre aux nouvelles exigences de la fonction présidentielle. Les pièces du premier étage du Pavillon Central seront converties en bureaux. Le Salon Doré deviendra le bureau présidentiel et les principaux collaborateurs du Président s’installeront dans l’ancien appartement d’Eugénie de Montijo. La salle du Conseil des Ministres sera déplacée du Salon des Portraits au rez-de-chaussée, au premier étage, dans l’ancienne salle à manger privée. L’aile est sera affectée aux appartements, le premier étage réservé aux appartements privés et le rez- de-chaussée aux appartements semi-officiels.

Selon l’historien spécialisé Patrice de Moncan, dans son ouvrage « Que vaut Paris ? » publié aux Editions du Mécène en 2015, la valeur de la résidence officielle du président de la République française est estimée à 1,17 milliard d’euros ! Comment arrive-t-on à ce chiffre ? En calculant sa valeur « utopique » : concrètement, il a multiplié la surface foncière du bien par son coefficient de constructibilité donné par le COS et PLU (plan local d’urbanisme) pour obtenir sa constructibilité potentielle. En clair, il s’agit de déterminer ce qui pourrait être construit en lieu et place du bâtiment (78.000 m² pour l’Elysée) et vendu au prix du marché immobilier.